قَصِيدَةُ الزَّهْرَةِ بَعْدَ العَاصِفَةِ — L’Ode de la Fleur après la Tempête

أَبْكِي قَلْبًا غَدَا أَسِيرًا بَيْنَ أَيْدِي الجُفَاةِ،نَهَبُوا وُدَّهُ، وَامْتَصُّوا رُوحَهُ كَمَا يُمْتَصُّ الرَّحِيقُ مِنْ زَهْرَةٍ فِي الفَلَاةِ. عَصَرُوا نَفْسَهُ حَتَّى جَفَّتْ، وَتَرَكُوهُ جِذْعًا يَتَحَدَّى الرِّيَاحَ، وَأَلْقَوْهُ فِي صَحْرَاءَ العُزْلَةِ، حَيْثُ لَا أَنِيسَ وَلَا سَنَدَ وَلَا مَلَاحُ

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Je pleure un cœur devenu captif entre les mains des durs, ils ont pillé son affection et aspiré son âme comme on aspire le nectar d’une fleur solitaire dans le désert. Ils ont pressé son être jusqu’à le dessécher. Et l’ont laissé tel un tronc nu défiant les vents, ils l’ont jeté dans le désert de la solitude, sans compagnon, sans soutien, sans port.

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يَا قَلْبِي، كُنْتَ فَرَسًا فِي سَاحَةِ المَجْدِ،تَسْبَحُ فِي مَيْدَانِ العِزِّ كَالسَّيْلِ إذَا اجْتَاحَ. فَكُسِرَ عِنَانُكَ، وَسُلْسِلَتْ خُطَاكَ، وَمَعَ ذَلِكَ، يَبْقَى فِي الدَّاخِلِ بَرْقٌ يُشْعِلُ الرَّاحَ. إِنْ بَكَيْتَ، فَالدُّمُوعُ مِلْحُ البَحْرِ، وَإِنْ نَحَبْتَ، فَالأَرْضُ تَشْرَبُ كَمَا يَشْرَبُ الرَّمْلُ مَطَرَ السَّمَاحِ. وَإِذَا ظَنَنْتَ أَنَّ الدَّارَ صَارَتْ خَرَابًا، فَتَذَكَّرْ: أَنَّ الزَّهْرَةَ تُولَدُ بَعْدَ كُلِّ رِيحٍ وَصَفَاحِ

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Ô mon cœur, tu étais un cheval sur le champ de gloire, tu courais dans l’arène de l’honneur comme une crue qui déferle. Puis on a brisé tes rênes, enchaîné tes pas. Pourtant, à l’intérieur, demeure un éclair qui rallume la force. Si tu pleures, tes larmes sont le sel de la mer, si tu sanglotes, la terre les boit comme le sable absorbe la pluie généreuse. Et si tu penses que ta demeure n’est plus qu’une ruine, souviens-toi : la fleur naît toujours après chaque vent violent et chaque tempête.

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يَا نَفْسُ، كُونِي كَسَيْفٍ بَاتَ فِي غِمْدِهِ، صَامِتًا، وَلَكِنَّهُ يَقْطَعُ إِذَا دَعَاهُ الصِّرَاعُ. لَا تَدَعِي الذِّئَابَ تَرِدُ مَنْبَعَكِ، وَلَا تَسْمَحِي لِلْغُرْبَاءِ أَنْ يَسْطُوا عَلَى ضِيَاءِكِ أَوْ سِرَاجِكِ. فَإِنَّ الصَّحْرَاءَ، مَهْمَا جَمَّدَهَا البَرْدُ وَغَطَّاهَا السَّقِيعُ، تُفِيضُ بِالرَّبِيعِ، وَتَزْهُو بِالنَّخْلِ وَالأَزَاهِيرِ. وَإِنَّ الْإِنْسَانَ، مَهْمَا جُرِحَ وَتَوَحَّدَ، يَبْقَى فِي صَمْتِهِ وَعْدُ نَهْضَةٍ وَمَرْسًى جَدِيدٍ

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Ô âme, sois comme l’épée endormie dans son fourreau, silencieuse, mais tranchante lorsqu’elle est appelée au combat. Ne laisse pas les loups boire à ta source, ne permets pas aux étrangers de voler ta lumière ou ta flamme. Car le désert, même s’il est figé par le froid et couvert de givre, se gorge de printemps et s’orne de palmiers et de fleurs. Et l’homme, même blessé et seul, porte dans son silence la promesse d’un renouveau et d’un port sûr.

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🌹سَوْرِيَّا بنت عمار

سَارِيَةُ الفِكْرِ أميرة البيان

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